Margot
Qui fait danser ses bœufs au son du Larigot.
Il est plus naturel de dériver la locution de ce mot. Ainsi, boire à tire larigot, c’est boire comme un joueur de fifre ou de flûte, ou comme un musicien; ce que le peuple appelle flûter, chalumeller.
LARME.—Rien ne sèche plus vite que les larmes.
Proverbe dont la phrase suivante de Quinte-Curce offre à la fois l’application et l’explication. Qui multùm in suorum misericordiam ponunt, ignorant quàm celeriter lacrymæ inarescant. Qui compte beaucoup sur la commisération des siens, ignore combien les larmes sèchent vite.—Cicéron a cité plusieurs fois ce proverbe pour rappeler que l’orateur ne doit pas trop chercher à émouvoir la compassion, et il en a attribué l’invention au rhéteur Apollonius: «Les esprits une fois émus, gardez-vous d’être prolixes dans vos plaintes; car, ainsi que l’a dit le rhéteur Apollonius, rien ne sèche plus vite que les larmes. Lacrymà nihil citiùs inarescit.» (Traité de l’Invent., liv. I, ch. 55.)
LARRON.—Bien est larron qui larron emble.
Proverbe maritime, qui se dit quand un corsaire en dépouille un autre. Embler est un verbe qui signifie faire un vol avec violence ou par surprise. Quelques étymologistes le dérivent du grec ἐμϐάλλειν (emballein), mettre la main sur. Quelques autres le tirent du latin involare, formé de vola, paume de la main, et employé pour dire: prendre ou retenir dans la paume de la main.
Embler se trouve dans le Roman de la Rose, dans les Ordonnances de saint Louis, et dans les Commandements de Dieu en vieux français, qui disent: L’avoir d’autrui tu n’embleras. Saint-Simon s’en est servi en parlant des ministres Colbert et Louvois, qu’il accuse d’avoir toujours tendu à embler la besogne d’autrui.
Du verbe embler, qui n’est plus guère usité que dans le proverbe, est venue l’expression adverbiale d’emblée, c’est-à-dire tout d’un coup, du premier effort.
S’entendre comme larrons en foire.