Expression très usitée, en parlant des personnes qui sont d’intelligence pour faire quelque chose de blâmable.—Les coquins se devinent, suivant l’expression de Duclos, et l’association est bientôt faite entre eux. Aristote (Morale, VI, 1) cite le proverbe suivant, que les Grecs employaient dans le même sens: Le larron connaît le larron, comme le loup connaît le loup.

On trouve dans la 1re prophétie de Nahum: Spinæ se invicem complectuntur. Les ronces se tiennent entrelacées.

LATIN.Perdre son latin à une chose.

Y travailler en vain; y perdre son temps et sa peine. Cette expression est née dans le temps où les plaidoyers se fesaient en latin, où parler latin était le nec plus ultra de la science. On dit d’une chose très difficile à faire: Le diable y perdrait son latin. Les Italiens emploient dans un sens analogue, mais un peu ironique, ce proverbe très curieux: Cimabue non lo farebbe, lui che avrebbe dipinto una corregia nell’acqua. Cimabué ne le ferait pas, lui qui eût peint un gros pet dans l’eau.

LÉGAT.Être plus occupé que le légat.

Le chancelier Duprat, cardinal et légat à latere, fut accablé d’affaires. Les événements multipliés qui eurent lieu dans l’État et dans l’Église sous son ministère, l’établissement du concordat désapprouvé par l’université, par le parlement et par le clergé, les nouveautés que Luther et ses disciples introduisirent dans la religion, la vénalité des charges judiciaires, la captivité de François Ier, le sac de Rome, la détention du pape Clément VIII, l’augmentation des impôts, le schisme d’Angleterre, beaucoup d’autres choses enfin dont il se mêla et dont il eût mieux valu qu’il ne se mêlât point, donnèrent naissance à l’expression proverbiale être plus occupé que le légat, pour marquer la situation d’un homme qui est surchargé de besogne et qui ne sait où donner de la tête.

LÉSINE.Compagnon de la lésine.

Cette dénomination, qu’on applique à un homme d’une avarice sordide et raffinée, est venue d’un ouvrage curieux, composé en italien par un nommé Vialardi, vers la fin du xvie siècle, et traduit en français par un anonyme, en 1604. Cet ouvrage est intitulé: Della famosissima compagnia della lesina, etc. De la très fameuse compagnie de la lésine, etc. Le but assigné à cette compagnie est l’épargne la plus sordide. Tous les membres ont des noms et des emplois conformes à leur institut, et ils sont obligés par leurs statuts de pousser la lésine au plus haut point de raffinement, par exemple: de porter la même chemise aussi longtemps que l’empereur Auguste était à recevoir des nouvelles d’Égypte, c’est-à-dire quarante-cinq jours; de se couper les ongles des pieds jusqu’à la chair vive, de peur qu’ils ne percent les bas de chausse et les escarpins; de ne pas jeter de sable sur les lettres fraîchement écrites, afin d’en diminuer le port, et autres pratiques semblables, auxquelles on pourrait ajouter celle de ne pas mettre de points sur les i, pour épargner l’encre.

LESSIVE.Faire une lessive.