En rappelant ce nombre de jours à l’année solaire, on trouvera que les 365, dont elle se compose, sont compris dans l’espace du 10 mai 600 au 10 mai 601, et que les 29 restants, comptés à partir de cette dernière date (10 mai), aboutissent juste au 8 juin, anniversaire de l’époque où Noé sortit de l’arche et de la fête de saint Médard; et c’est ce qui a peut-être donné lieu d’imaginer que, s’il vient à pleuvoir ce jour-là, on est menacé d’une pluie de 40 jours ou d’un second déluge.
Ces explications sur l’influence attribuée à saint Médard sont les meilleures qu’il m’ait été possible de donner. Elles s’accordent assez bien avec les mœurs du moyen-âge, où les clercs, seuls possesseurs de quelque science, en rattachaient toutes les observations à des faits religieux vrais ou faux. Je n’ose me flatter toutefois qu’on ne me reprochera point d’avoir laissé un peu la certitude en souffrance. Et qui pourrait se flatter de dire au juste pourquoi le saint du jour fait la pluie et le beau temps?
Ris de saint Médard.
Grégoire de Tours, chapitre 95 de la Gloire des confesseurs, nous apprend que saint Médard ayant le don d’apaiser le mal de dents, était représenté la bouche entr’ouverte, laissant un peu voir ses dents, pour avertir ceux qui auraient ce mal de recourir à lui. Comme ce saint, entr’ouvrant ainsi la bouche, paraissait rire, mais d’un ris forcé, de là est venue l’expression ris de saint Médard, pour dire un ris à contre-cœur.
Regnier a employé cette expression dans ce vers de sa 8e satire:
D’un ris de saint Médard il me fallut respondre.
MÉDISANT.—L’écoutant fait le médisant.
Quelqu’un disait à un sage: Une personne vous a diffamé en ma présence.—Si vous n’aviez pas écouté cette personne avec plaisir, repartit le sage, elle ne m’aurait point diffamé.
La réponse était juste. On ne médit d’ordinaire que parce qu’on est écouté, et le médisant n’est guère plus coupable que l’écoutant. Le premier a le diable sur la langue, dit saint Bernard, et le second l’a dans l’oreille.