PATTE-PELU.—C’est un patte-pelu.
C’est un rusé qui va adroitement à ses fins sous des apparences de douceur et d’honnêteté. On dit aussi d’une femme qui use de pareils artifices: C’est une patte-pelue.
Furetière pense que patte-pelu est une allusion à la fable du loup qui montrait patte de brebis à l’agneau pour le surprendre. D’autres le regardent comme un sobriquet du chat, hypocrite qui cache ses griffes dans le velours et égratigne en caressant. Suivant l’opinion la plus accréditée et la plus vraisemblable, ce mot rappelle Jacob qui, par le conseil de Rebecca, dont il était l’enfant gâté, enveloppa ses mains de la peau d’un chevreau, pour attraper son bonhomme de père qui n’y voyait que du bout des doigts, et escamoter la bénédiction que ce pauvre aveugle destinait au malheureux Ésaü, déjà trompé par son cadet sur la vente d’un plat de lentilles qu’il devait payer de son droit d’aînesse.
PAUVRE.—Qui donne au pauvre, prête à Dieu.
Salomon a dit: Fœneratur Domino qui miseretur pauperis (Prov. CXIX, v. 17). Celui qui a pitié du pauvre, prête à Dieu.
La main du pauvre est la bourse de Dieu.
Proverbe pris de cette belle pensée de saint Ambroise: In paupere absconditur Deus; manum porrigit pauper, et accipit Deus. Dieu se cache dans le pauvre; et, quand le pauvre tend la main, Dieu reçoit.
Donner au pauvre n’appauvrit pas.
Donner au pauvre, c’est bénéficier avec le ciel. L’aumône est, dans l’esprit de la religion, une usure sainte, un gain assuré. Il n’y a pas, dit saint Clément, de champ si fertile qui rende autant qu’elle, cuinam agri tantùm profuerint quantùm gratificari?
Tout le monde tombe sur le pauvre.