TROMPETTE.—Il y a plus de trompés que de trompettes.
Ce jeu de mots proverbial s’adresse aux personnes qui ne veulent pas convenir de quelque désappointement, de quelque mésaventure, et il signifie que, parmi les gens pris pour dupes, ceux que la honte empêche d’en rien dire sont plus nombreux que ceux que le ressentiment fait parler.
TROP.—Rien de trop.
Maxime du sage Chilon, dont les vers suivants de Panard prouvent la vérité:
Trop de repos nous engourdit,
Trop de fracas nous étourdit,
Trop de froideur est indolence,
Trop d’activité turbulence.
Trop d’amour trouble la raison,
Trop de remède est un poison,
Trop de finesse est artifice,
Trop de rigueur est cruauté,
Trop d’audace est témérité,
Trop d’économie avarice:
Trop de bien devient un fardeau,
Trop d’honneur est un esclavage,
Trop de plaisir mène au tombeau,
Trop d’esprit nous porte dommage:
Trop de confiance nous perd,
Trop de franchise nous dessert;
Trop de bonté devient faiblesse,
Trop de fierté devient hauteur,
Trop de complaisance bassesse,
Trop de politesse fadeur.
TRUC.—Avoir le truc.
M. Ch. Nodier a donné cette explication ingénieuse: «Truc, de l’italien trucco, billard, et tous deux du bruit de la bille qui tombe dans la blouse quand on la bloque, autre mot qui pourrait bien être aussi une onomatopée. Le peuple dit, à Paris, avoir le truc, être fin, subtil, délié, comme il dit se blouser, pour être gauche, étourdi, mal avisé. Les gens qui ont le truc sont ceux qui blousent les autres.»
Je ne partage point l’opinion de M. Nodier. Je crois que truc, dans cette locution, est un terme roman qui signifie adresse, finesse, invention, le même que trut et treuf, et qu’il n’a pas de rapport avec son homonyme truc, billard, autre terme roman, substantif du terme truca, frapper, battre, d’où les Italiens ont pris trucco. Je reconnais que truc, dans ce dernier sens, est une onomatopée, un écho du son, vox repercussæ naturæ.
TRUIE.—Tourner la truie au foin.