[12] La figure du grillon a fourni, sans doute, le modèle du masque d’Arlequin, comme le remarque M. Ch. Nodier; et ce qui paraît confirmer cette opinion, c’est que le nom de cet insecte, grillo, a été appliqué au masque d’un farceur de l’ancienne comédie italienne, et à ce farceur lui-même. Chez les Latins, le même nom, gryllus, signifiait précisément ce que nous entendons en français par caricature.

[13] Voyez Eusèbe, Préparation évangélique, liv. IX, chap. 9

[14] Cette homonymie paraît avoir été fondée sur la ressemblance de bigarrure qui existe entre la peau de ce poisson et le vêtement de l’acteur chargé du rôle de proxénète dans l’ancienne comédie, ou sur une autre ressemblance qu’offrent le proxénète et ce poisson qui nage, dit-on, devant les jeunes aloses et a l’air de les conduire à leurs mâles. Suivant une conjecture de Le Duchat, le proxénète aurait été qualifié du titre de Mercureau (petit mercure), parce que le messager des habitants de l’Olympe était entremetteur de mauvais commerce; et mercureau serait devenu par altération un terme injurieux que je n’ai pas besoin de dire, car le lecteur l’a déjà deviné.

[15] Tarquin l’ancien, irrité de la résistance qu’opposait l’augure Accius Navius au projet qu’il avait de créer trois nouvelles centuries, lui demanda:—Puis-je faire une chose que je pense en ce moment?—Tu le peux, répliqua l’augure.—Eh bien, ajouta le roi, je veux couper ce caillou avec ce rasoir.—Frappe! s’écria Navius; et le caillou fut coupé en deux. Presque tous les historiens ont attesté ce fait comme ils ont attesté la première apparition des barbiers à l’époque de Ticinius Menas. C’est dommage qu’ils n’aient pas expliqué la présence du rasoir dans l’absence des artistes habitués à le manier.

[16] Misopogon signifie ennemi de la barbe. Ce nom est formé des deux mots grecs misos, haine, et pôgon, barbe.

[17] L’excommunication fut fondée, entre autres motifs, sur ce que Nicolas et son clergé ne se fesaient pas raser le visage.

[18] C’est ce qu’atteste un passage curieux du troubadour Aimeri de Péguilain. «Quand je considère la beauté de ma dame, dit-il, je me réjouis des peines que j’endure, et je ressemble au basilic qui se tue en se regardant au miroir.» Du reste, le basilic mort était réputé aussi utile qu’il avait été supposé nuisible pendant qu’il vivait. Heureux qui pouvait trouver son corps! Ce corps, réduit en cendres, possédait des vertus merveilleuses: il guérissait des maux incurables, et opérait la transmutation des métaux.

[19] C’est-à-dire dont le fer est rompu ou ôté. Ces lances étaient encore appelées lances courtoises ou lances innocentes. Les Romains avaient aussi de semblables armes, dites arma lusoria.

[20] Saint Bernard de Sienne, chap. 7, dit qu’en ce cas on allumait douze cierges représentant les douze apôtres, dans l’idée que l’agonisant serait rappelé à la vie par le simple changement de son nom en celui de l’apôtre dont le cierge brûlait plus longtemps.

[21] Avant l’ordonnance que François Ier rendit à Villers-Cotterets, au mois d’août 1539, il en avait rendu deux autres sur le même sujet, celle de 1532 et celle de 1529. Il s’était montré en cela imitateur de Louis XII, qui avait prescrit par un arrêt de 1512 d’employer le langage françois uniquement et exclusivement à tout autre dans les actes publics, et Louis XII lui-même n’avait fait que suivre l’exemple de Charles VIII, dont un décret daté de 1490 exigeait que les dépositions judiciaires fussent écrites en français. Mais l’usage de cette rédaction en langue maternelle remonte beaucoup plus haut. Il était assez fréquent sous le règne de Louis IX; et il y a des preuves irrécusables qu’il existait du temps de Philippe-Auguste, même du temps de Louis VII.