Majestas et amor.
(Ovide, Métam. II, fab. XIX.)
«La majesté et l'amour ne s'accordent point et ne demeurent point ensemble.»
L'amour rapproche les distances.
L'amour fait disparaître les inégalités sociales entre les personnes qu'il unit: princes et pastourelles, princesses et pastoureaux, vont de pair en se donnant la main. C'est l'idée du proverbe précédent sous d'autres termes.
L'amour et la crainte ne mangent pas à la même écuelle.
L'amour et la crainte sont deux sentiments incompatibles, et, quand une personne inspire l'un, elle ne saurait inspirer l'autre. Il faut remarquer dans ce proverbe l'expression manger à la même écuelle, qui rappelle un usage introduit au temps de la chevalerie, où la galanterie avait imaginé de placer à table les convives par couple, homme et femme. «La politesse et l'habileté des maîtresses de maison consistaient alors, dit le Grand d'Aussy, à savoir bien assortir les couples qui n'avaient qu'une assiette commune, ce qui s'appelait manger à la même écuelle.»—L'expression, détournée du sens propre au figuré, s'employa pour marquer une liaison amoureuse. Elle servit aussi à caractériser l'intimité des relations amicales. Une des plus grandes preuves de confiance qu'un roi pût autrefois donner à un de ses ministres consistait à manger avec lui à la même écuelle. L'auteur du Roman de Rou exprime la haute faveur dont Godwin jouissait auprès du monarque anglo-saxon par ces deux vers:
Salué l'aveit et baisié
En s'escuelle aveit mengié.
Il en était de même d'un suzerain ou d'un supérieur envers un vassal ou un inférieur.