Cette pénitence est une allusion à l'usage symbolique d'après lequel le vassal ou le vaincu se mettait aux pieds de son suzerain ou de son vainqueur, une bride à la bouche et une selle sur le dos. L'histoire offre plusieurs exemples de cet usage, depuis le fils du malheureux Psamménit, qui fut envoyé au supplice avec un mors dans la bouche par ordre de Cambyse (Hérodote, III, XIV), jusqu'à Hugues de Châlons qui, reconnaissant son impuissance contre l'armée des Normands, alla trouver le jeune duc Richard par qui elle était commandée, et se roula à ses pieds en signe de soumission, avec une selle de cheval sur les épaules. (Chroniq. de Normandie. Duc. VI, 337.—Guill. Gemet, liv. III, ch. IV.) C'est en vertu d'un pareil usage qu'Eustache de Saint-Pierre et cinq autres bourgeois de Calais se présentèrent à Édouard III, roi d'Angleterre, avec la corde au cou.

L'amour ôte le deuil.

L'amour est un sentiment passionné qui absorbe tous les autres: il asservit l'âme entière, il en devient l'objet unique, et comme il la rend indifférente aux plus grandes joies qui ne lui viennent pas de lui, il la console des plus vives afflictions dont il n'est pas le principe; il les lui fait même oublier. De là ce proverbe qui paraît avoir été suggéré par un passage charmant de la Genèse, où il est question de l'arrivée de Rébecca auprès d'Isaac, à qui elle était destinée pour épouse: «Isaac la fit entrer dans la tente de sa mère Sara et il la prit pour femme, et l'affection qu'il eut pour elle fut si grande qu'elle tempéra la douleur que la mort de sa mère lui avait causée.» (XXIV, 67).

Ces paroles bibliques, dont Chateaubriand, dans son Génie du Christianisme, a justement loué la simplicité, offrent une preuve orthodoxe qu'il est permis de chercher dans l'amour de doux oublis des peines de la vie, en tout honneur bien entendu.

On dit aussi: L'amour est un grand consolateur.

En amour trop n'est pas assez.

On sait que ce charmant proverbe a été formulé par Beaumarchais, qui a dit dans le Mariage de Figaro (act. IV, sc. I): «En fait d'amour, vois-tu, trop n'est pas même assez.» Mais il faut remarquer pourtant que cet ingénieux auteur, en le formulant, peut avoir été inspiré par l'observation déjà faite sur toute passion extrême dont les désirs, suivant l'expression de Sénèque, n'obtiendront tout que pour vouloir quelque chose de plus que tout, ou par ce délicieux passage de Montesquieu dans Arsace et Isménie: «Lorsque l'amour renaît après lui-même, lorsque tout promet, que tout demande, que tout obéit, lorsque l'on sent qu'on a tout et qu'on n'a pas assez, lorsque l'âme semble s'abandonner et se porter au delà de la nature même, etc.»

Beaumarchais peut avoir eu encore l'idée d'enchérir sur cette maxime d'amour du comte de Bussy-Rabutin:

Vous me dites que votre feu

Est assez grand, belle Climène;