La femme et la poule se perdent pour trop courir.
«Tout le malheur des hommes, a dit Pascal, répété par Mme de Sévigné, vient d'une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre.» Tout le malheur des femmes vient aussi de ne pas savoir se tenir à la maison. En prenant des habitudes trottières, elles s'exposent à rencontrer fréquemment des séducteurs qui les perdent, comme les poules des renards qui les croquent. Ce proverbe, commun à presque tous les peuples modernes, est fondé sur une observation qui remonte à la plus haute antiquité où l'on avait pour maxime que la femme doit être sédentaire, ce qu'on exprimait encore sous forme symbolique, en réduisant en cendre l'essieu du char d'hyménée sur le seuil de la maison de l'époux, lorsque l'épouse y faisait son entrée avec lui, après la cérémonie nuptiale.
On sait que Phidias avait voulu rappeler cette maxime en sculptant pour les Éliens une statue de Vénus, dont le pied posait sur la carapace d'une tortue.
Alciat a fait de cette statue l'emblème de la femme vertueuse. «O belle Vénus, dit-il, que signifie cette tortue que vous pressez sous un pied délicat?—C'est une leçon que Phidias a voulu donner aux personnes de mon sexe. Il leur conseille, par cet emblème, de rester toujours attachées à leur maison comme la tortue, sans jamais y faire plus de bruit qu'elle.»
Temps pommelé et femme fardée
Ne sont pas de longue durée.
Le temps est pommelé lorsqu'il y a des couches de ces petits nuages blancs qui ressemblent à des flocons de laine et qui sont appelés, en quelques endroits, par une métaphore assez heureuse, les éponges du ciel. Ce signe, paraît-il quand il fait beau, c'est une preuve que les vapeurs se condensent; se montre-t-il quand il fait mauvais, c'est une preuve qu'elles se divisent, et, dans les deux cas, il indique un changement prochain dans l'état de l'atmosphère.—Le fard est un cosmétique pernicieux à la peau. Les femmes qui en font usage sont flétries bien promptement, et c'est là tout ce qu'elles gagnent à vouloir mettre sur leur visage plus que Dieu n'y a mis, comme dit le troubadour Pierre de Resignac ou Ricignac.—On lit à ce sujet dans la Somme de maître Drogon de Hautvillers, chanoine de Reims et professeur de droit civil, que «leurs visages sont des masques derrière lesquels sont cachées les figures que Dieu leur a données, et que c'est à elles que s'adresse cette apostrophe de saint Jérôme: «Par quelle audace levez-vous vers le ciel des visages que le Créateur ne reconnaît point[1]?»
[1] J'ai tiré ce fragment de maître Drogon d'un plus long fragment que M. Charles d'Héricault a cité dans son commentaire sur les œuvres de Coquillart.
Antoine Lasale, traducteur de Bacon, dit que, selon toute apparence, ce sont les femmes laides qui ont imaginé le fard, pour masquer tout à la fois et leur propre laideur et les agréments des belles.
Le poëte Brébeuf a composé cent cinquante épigrammes sur une femme fardée. Je n'y ai vu, en général, que l'abus de l'esprit contre l'abus du fard.
Il y a deux variantes de ce proverbe qu'on a converti en triade, en y ajoutant, tantôt feu de bourrée et tantôt pomme ridée, qu'on intercale entre temps pommelé et femme fardée.