La superstition qui a donné lieu au proverbe est, comme on vient de le voir, tout à fait païenne, et, quoique les motifs qui l'avaient introduite n'existent plus, elle se maintient encore en plusieurs pays, notamment en Provence. On a prétendu même la justifier par des exemples célèbres, parmi lesquels se trouvent les trois suivants:
Marie Stuart épousa Bothwell le 15 mai 1567, et, le lendemain, le dernier des quatre vers latins cités plus haut fut placardé sur la porte de son palais comme un sanglant reproche de cette indigne union avec l'assassin de son mari, et comme une prophétique menace des malheurs qui devaient la suivre.
Henriette de France, fille de Henri IV, fut mariée, le 11 mai 1625, avec Charles Ier, roi d'Angleterre, qui périt sur l'échafaud, et la vie de cette reine fut un long enchaînement de douleurs.
Les noces de Marie-Antoinette d'Autriche et du duc de Berry, depuis Louis XVI, furent célébrées à Paris le 16 mai 1770, et l'on sait à quelles infortunes la Révolution française vint livrer ces augustes époux.
Noces réchauffées.
Cette expression par laquelle on désigne les secondes noces est traduite de celle du moyen âge maritagia recalefacta, qui s'employait dans le même sens.
Ces secondes noces étaient décriées même chez les païens. Valère Maxime (liv. II, ch. XI) dit que les femmes qui les contractaient ne pouvaient toucher la statue de la chasteté ou de la fortune féminine, et n'étaient pas conduites en cérémonie chez les maris.
On connaît ce vers de Martial (Épigr. VI, 7):
Quæ nubit toties, non nubit, adultera lege est.
Se marier si souvent ce n'est point se marier; c'est être légalement adultère.