Un personnage de l'antiquité, qui avait épousé une femme presque naine, s'en excusait en disant: «J'ai choisi le plus petit des maux.»

Femme barbue, de loin la salue, un bâton à la main.

C'était un préjugé assez généralement admis dans le moyen âge qu'une femme qui avait de la barbe ne pouvait manquer d'être sorcière, et qu'il fallait se garantir de l'approche de ce suppôt de Satan, en usant d'abord de certains procédés poliment calculés pour ne pas l'irriter et en recourant enfin à des moyens coercitifs, si faire autrement ne se pouvait. C'est là précisément ce que recommande ce vieux dicton en disant de la saluer de loin, un bâton à la main.

Dans un temps où tant de gens étaient accusés d'être sorciers par tant d'autres qui certainement ne l'étaient pas, on ne se bornait point à regarder la barbe chez les femmes comme un indice de sorcellerie, on se figurait aussi que leur vieillesse en était un non moins manifeste, lorsqu'elle offrait certain caractère de laideur, et de là est venue la locution proverbiale de vieille sorcière, qui s'est conservée pour désigner une femme vieille, laide et méchante. Cette qualification injurieuse fut fondée, suivant Gerson, sur ce que les femmes vieilles ont toujours eu plus de penchant à la superstition que les jeunes (Tract. contra superstitios, dierum observat.), ce qui ne veut pas dire que les jeunes en soient exemptes; car la superstition abonde dans tout cœur féminin, s'il faut en croire Martin de Arlès, qui a remarqué, dans son Traité des superstitions, que le nombre des sorcières a été en tout temps bien plus considérable que celui des sorciers.—Joignez à cela l'observation suivante faite par M. E. Pelletan: «La femme tourne aisément à la sorcellerie. Le jésuite Paul Leyman, envoyé comme inquisiteur en Allemagne pour y brûler des multitudes de sorciers, explique ainsi, dans son Malleus maleficarum, cette incorrigible condescendance de la femme à la volonté de Satan:—Le nom de femme, dit-il, vient de mulier, tendre; mulier vient de mollis, qui a engendré, à son tour, malleabilis, malléable; or, par cela même que la femme est malléable, elle est facile à pétrir, et le diable a toujours la main fourrée dans le pétrin.» (Feuilleton de la Presse, 31 janvier 1850.)

Lactance avait donné de mulier une étymologie, semblable quant au fond, qui était reçue chez les Latins. On lit dans son traité intitulé: De l'ouvrage de Dieu, ch. XVII: «Mulier vient de mollities, et signifie la faiblesse et la mollesse.»

Femme qui prend se vend, femme qui donne s'abandonne.

Ce proverbe, qu'on divise quelquefois en deux, est une sentence émanée des anciennes cours d'amour. Il n'a une juste application qu'en matière de galanterie, pour signifier que la femme qui reçoit des présents d'un homme met son honneur en danger, et que celle qui fait des présents à un homme est tout à fait vile et déshonorée. J.-J. Rousseau a dit de cette dernière: «La femme qui donne est traitée par le vil qui reçoit comme elle traite le sot qui donne.»

Gabriel Meurier rapporte, dans son Trésor des sentences, ce distique proverbial, qui propose une excellente règle de conduite:

Fille, pour son honneur garder,

Ne doit ni prendre ni donner.