Les prêtres païens prescrivaient aussi la continence pendant les jours consacrés aux fêtes d'Isis, comme nous l'apprennent Ovide et Properce: le premier, dans la huitième élégie du livre Ier des Amours, et le second dans la trente-cinquième élégie de son livre II, où il se plaint de la longue séparation que cette déesse a imposée à des cœurs si brûlants de se réunir.

Quæ dea tam cupidos toties divisit amantes.

Battre sa femme ne lui ôte folle pensée.

Proverbe traduit du roman Battre molher non li tol fol consire.

Arlequin a beau dire que les femmes ressemblent aux côtelettes, qui deviennent plus tendres quand elles sont bien battues, il faut se défier de cette tendresse qu'elles font paraître après les mauvais traitements; car ce n'est presque toujours qu'une feinte sous laquelle elles cachent des projets de vengeance. La brutalité des maris ne sert qu'à les rendre pires, et ceux-ci n'ont rien de mieux à faire que de prendre patience en enrageant. Je les engage dans leur propre intérêt à méditer sérieusement cet autre proverbe fort raisonnable: Celui qui frappe sa femme est comme celui qui frappe un sac de farine: tout le bon s'en va, et le mauvais reste.

Il faut toujours que la femme commande.

C'est un vers du joli conte de Voltaire intitulé: Ce qui plaît aux dames. Mais ce vers n'est que la reproduction d'un proverbe antique, rapporté dans le Zend-Avesta, où une femme, sommée par les Mages de dire ce que chaque femme désire le plus, leur répond: «Être aimée et soignée de son mari, être maîtresse de la maison,» réponse pour laquelle ces prêtres indignés la font mourir sous leurs coups.

Nous avons aussi le proverbe rimé:

Femme veut en toute saison
Être maîtresse en sa maison.

Le désir le plus vif et l'étude la plus constante des femmes, de mère en fille, depuis que le monde existe et dans tout pays, c'est donc d'être maîtresses. Elles ont, pour y parvenir, une tactique merveilleuse, qui ne se trouve presque jamais en défaut. Les hommes civilisés ne savent pas y résister, et le droit du plus fort dont ils se glorifient n'est rien en comparaison du droit du plus fin dont elles ne se vantent pas.