Voici l'origine historique justement assignée à cette locution par M. Chassan, auteur de la Symbolique du droit: «Grégoire de Tours, dans la Vie des Pères, ch. XX, et Ducange, au mot calceamenta, disent que le fiancé faisait présenter un soulier, ordinairement le sien, à sa future épouse. Il paraît même, d'après M. Ryscher, que c'était lui qui l'en chaussait. En se déchaussant, il s'exposait à marcher d'un pas moins ferme, et se plaçait ainsi dans une condition inférieure vis-à-vis de sa fiancée; en mettant lui-même le soulier au pied de sa fiancée, il s'humiliait devant elle, et de là vient que, pour désigner un mari que sa femme gouverne, on dit encore aujourd'hui en France qu'il est sous la pantoufle de sa femme. De là aussi le mot de Grimm, qui enseigne que la pantoufle est encore un symbole fort usité de la puissance qu'exerce la femme sur le mari.» (Poesie in Recht., § 10.)

La poule ne doit pas chanter devant le coq.

Proverbe qui se trouve textuellement dans la comédie des Femmes savantes, mais qui est antérieur à cette pièce, comme le prouvent ces deux vers de Jean de Meung:

C'est chose qui moult me desplaist

Quand poule chante et coq se taist.

Quelques glossateurs prétendent qu'une femme qui se trouve avec son mari dans une société ne doit pas prendre la parole avant que son mari ait parlé, car le mot devant, disent-ils, est ici une préposition de temps qui remplace avant, comme dans cette phrase de Bossuet: «Les anciens historiens qui mettent l'origine de Carthage devant la prise de Troie.» Mais il est certain que leur érudition grammaticale les a fourvoyés. Le véritable sens est qu'une femme doit se taire en présence de son mari, et attendre qu'il lui donne langue, comme on disait autrefois. Un usage de l'ancienne civilité obligeait les femmes à demander aux maris la permission de parler, quand elles avaient quelque chose à dire devant des étrangers. La preuve en est dans plusieurs passages de nos vieux auteurs, notamment dans la phrase suivante de l'Heptaméron de Marguerite de Valois, reine de Navarre: «Parlemante, qui estoit femme d'Hircan, laquelle n'estoit jamais oisive et mélancolique, ayant demandé à son mari congé (permission) de parler, dist, etc.[2]»

[2] On a prétendu que cet usage était une dérivation des ordonnances de Numa Pompilius contre le caquet des femmes, qu'il voulait obliger de ne parler qu'en présence de leurs maris.

Les Persans disent: Quand la poule veut chanter comme le coq, il faut lui couper la gorge. Proverbe dont ils font l'application aux femmes qui veulent cultiver la poésie. Ce même proverbe existe en France de temps immémorial chez les habitants de la campagne, pour exprimer, au figuré, une menace peu sérieuse contre les femmes qui se mêlent de discourir et de décider à la manière des hommes, et, au propre, une observation d'histoire naturelle. Cette observation est que la poule cherche quelquefois à imiter le chant du coq, et que cela lui arrive surtout lorsqu'elle est devenue trop grasse et ne peut plus pondre, c'est-à-dire dans un temps où elle n'est plus bonne qu'à mettre au pot.

Il y a une superstition sur la poule qui coqueline. On croit, en Normandie, qu'elle annonce la mort de son maître, ou la sienne.

Les habitants de la vallée de la Garonne, qui s'étend entre Langon et Marmande, sont persuadés que par cette manière de coqueliner, qu'ils appellent chanter le béguey[3], elle présage une foule de malheurs.