Qu'elle doive survivre en une langue morte?
Les Allemands disent d'une manière fort originale: «Einer todten Frau der muss man die Zunge besonders todt schlagen. A femme trépassée il faut tuer la langue en particulier.»
Un auteur facétieux a prétendu que la langue, chez les femmes, n'est pas l'unique instrument des paroles, et que les bonnes commères ne resteraient pas muettes quand même elles seraient privées de cet organe. Il cite à l'appui de cette assertion l'exemple d'une jeune fille portugaise qui, étant née sans langue, n'en jasait pas moins du matin au soir. Ce qui donna lieu au distique suivant de je ne sais quel savant en us:
Non mirum elinguis mulier quod multa loquatur,
Mirum cum lingua quod taceat mulier.
Voici une imitation française de ce distique:
Il se peut que sans langue une femme caquette,
Mais non qu'en ayant une elle reste muette.
Femmes ne sont pas gens.
Cet impertinent proverbe est traduit littéralement du provençal: Frémos noun soun gens. Je le crois dérivé de cette ancienne maxime de jurisprudence: Mulier non habet personam, par laquelle on déclarait que la femme n'était pas une personne devant la loi, c'est-à-dire qu'elle devait rester toujours mineure et dépendante.