Quin sine rivali teque et tua solus amares.
On connaît ce vers de La Fontaine, livre I, fable IX:
Un homme qui s'aimait sans avoir de rivaux.
Aime-moi un peu, mais continue.
Pour dire qu'on préfère une affection modérée, mais durable, à une affection excessive qui est sujette à passer promptement. Un autre proverbe, considérant la modération comme conservatrice de l'amitié, conseille de s'aimer peu à la fois, afin de s'aimer longtemps. Ce conseil ne signifie point sans doute qu'il faille amortir la vivacité d'un sentiment qui n'est presque jamais trop vif, car ce serait l'apparenter avec l'indifférence, mais qu'il est bon d'en réprimer les manifestations outrées et les susceptibilités hargneuses qui sont toujours de trop.
Montesquieu disait aux amis tyranniques et avantageux qui font trouver dans l'amitié tous les orages de l'amour: «Souvenez-vous que l'amour a des dédommagements que l'amitié n'a pas.»
Les deux proverbes que je viens d'interpréter comme spécialement applicables à l'amitié, ont été quelquefois appliqués à l'amour; mais on sent que cette application ne saurait convenir à l'amour qu'autant qu'on le fait consister dans ces liaisons communes, étrangères au sentiment passionné qui est son vrai caractère. N'est-ce pas être froidement amoureux que de souhaiter pour son repos que l'objet dont on est aimé n'ait qu'un amour modéré? Qui aime le die!
Qui aime Bertrand aime son chien.
Ou bien: Qui m'aime aime mon chien, pour signifier que lorsqu'on aime quelqu'un il faut prendre les intérêts, les sentiments, les passions, dont il est affecté, et se montrer attaché à tout ce qui lui appartient.—On trouve dans le lai de Graélant par Marie de France, cette variante corrélative:
Ki volentiers fiert vostre cien