Quand il s'agit de ce qu'il aime.

(Liv. VIII, fab. XI.)

Ces vers, où toutes les idées de la fable se reproduisent et se résument en traits de sentiment, sont calqués, à l'exception des deux derniers qui complètent si heureusement ce délicieux résumé, sur une maxime indienne que Pilpay, dans un apologue intitulé aussi les Deux Amis, a formulé en ces termes: «Un ami est une chose bien précieuse. Il cherche nos besoins au fond de notre cœur. Il nous épargne la honte de les lui découvrir nous-mêmes.»

Un ami fidèle est la médecine de la vie.

C'est-à-dire qu'il peut dissiper les ennuis, adoucir les amertumes et soulager la plupart des maux de la vie. Il est pour les maladies de l'esprit ce qu'un bon médecin est pour celles du corps. Ce proverbe est littéralement traduit du verset de l'Ecclésiastique: Amicus fidelis, medicamentum vitæ (VI, 16).

«L'amitié, dit Gœthe, est le fonds social où l'humanité trouve toujours des trésors nouveaux pour se relever forte et puissante, quel que soit l'état déplorable où les naufrages et les banqueroutes ont pu la réduire.»

On lit dans le Hava-mal ou Discours sublime d'Odin, poëme gnomique des Scandinaves: «L'arbre se dessèche quand il n'est revêtu ni d'écorce ni de feuillage: ainsi est l'homme sans ami. L'homme ne peut vivre seul.»

Les Arabes disent: «Pourquoi Dieu a-t-il donné une ombre à notre corps? C'est pour qu'en traversant le désert nos yeux se reposent sur elle, et soient ainsi préservés de la réverbération des sables brûlants.»

Il faut être fringant à l'ami.

Dicton fort usité au quatorzième et au quinzième siècle parmi les femmes, pour dire que celle qui attendait la visite de son bon ami devait se mettre en frais de braverie et d'amabilités afin de le bien recevoir. Fringant, autrefois invariable quant au genre, est le participe présent du verbe fringuer, employé par nos vieux auteurs dans le sens de se parer, caresser, faire l'amour. Ces deux dernières acceptions, désusitées en français, se sont conservées dans divers patois méridionaux.