Un ami pour l'autre veille.

Un ami ne s'endort pas sur les affaires de son ami; il les prend à cœur, il y veille comme aux siennes propres, et sa vigilance est payée de retour par celui qui en est l'objet: tous deux sont sous la garde l'un de l'autre, et ils doivent trouver dans leur sollicitude réciproque les conseils et les secours dont ils ont besoin pour bien soigner leurs intérêts moraux et matériels.

Il n'est si bon conseil que d'ami.

Parce que ce conseil a ordinairement toutes les qualités requises, étant inspiré par une sincère affection, formé en connaissance de cause et présenté de manière à ne pas blesser l'amour-propre de celui qui le reçoit.

Les Espagnols disent: «Consejo de quien bien te quiere aunque te parezca mal, escribelo. Conseil de celui qui te veut du bien, quoiqu'il te paraisse mal, mets-le par écrit (pour ne pas l'oublier).»

Les Allemands ont ce proverbe: «Freundes Stimme, Gottes Stimme. Conseil d'ami, conseil de Dieu.»

«Unguento et variis odoribus delectatur cor, et bonis amici consiliis anima dulcoratur (Salom., Prov. XXVII, 9). Le parfum et la variété des odeurs sont la joie du cœur, et les bons conseils d'un ami sont les délices de l'âme.»

Si ton ami te frappe, baise sa main.

On comprend que ce proverbe ne doit pas se prendre à la lettre, et que l'ami qui frappe ne signifie que l'ami qui reprend. Le sens est donc que, quelque véhémence qu'un ami mette dans ses remontrances, il faut lui en savoir gré, parce qu'elle est l'effet et la preuve d'un véritable attachement. Les Allemands disent d'une manière également figurée: «Freundes Schlæge, liebe Schlæge. Coup d'ami, coup chéri.»

Leur proverbe et le nôtre rappellent ces paroles de Salomon: «Meliora sunt vulnera diligentis quam fraudulenta oscula odientis (Prov. XXVII, 6). Les blessures que fait celui qui aime valent mieux que les baisers trompeurs de celui qui hait.»