Pour les cœurs corrompus l'amitié n'est point faite.
(Voltaire.)
Un adage latin recommande de connaître les défauts d'un ami, et de ne pas les haïr: Mores amici noveris, non oderis. Et Horace met parmi les vertus nécessaires l'indulgence pour les amis: Ignoscere amicis.
Les Orientaux disent, pour signifier qu'on ne doit pas soumettre les défauts de ses amis à une censure rigoureuse: Il ne faut pas rincer avec du vinaigre la coupe de l'amitié.
«L'on ne peut aller loin dans l'amitié si l'on n'est pas disposé à se pardonner les uns aux autres les petits défauts.» (La Bruyère, ch. V.)
Quelqu'un a dit: «Quand nos amis sont borgnes, il faut les regarder de profil.» C'est une fleur d'esprit et de sentiment greffée sur notre adage.
Bien servir fait amis, et vrai dire ennemis.
On se concilie l'affection des hommes par les bons offices qu'on leur rend, et on se l'aliène par les vérités qu'on leur dit. Térence a remarqué, dans son Andrienne, que la franchise produit la haine et que la complaisance produit l'amitié.
Veritas odium, obsequium amicos parit.
(Act. I, sc. I.)