[4] Depuis, 20 autres forçats de la Commune ont été dirigés sur le bagne.

En résumé, le plaidoyer officiel du gouvernement de Versailles laisse intactes toutes nos affirmations. Il reste acquis que, sur 4,000 déportés, 400 à peine, c'est-à-dire 1 sur 10, ont pu trouver de l'emploi et un salaire; il reste acquis que les autres sont maintenus dans une inaction démoralisante et sans issue; il reste acquis que la famille n'a pu être organisée en Nouvelle-Calédonie, en raison de cet insuccès manifeste; il reste acquis que le gouvernement français se débat dans une impasse, qu'il dépense neuf millions par an pour entretenir et garder aux antipodes, sans utilité pour eux ni pour la société, cette poignée d'infortunés, et qu'en dépit de cette dépense considérable et improductive, ils y sont plongés dans la misère la plus désespérante; il reste acquis enfin que près de 300 condamnés politiques sont soumis au régime avilissant et barbare du bagne. A l'opinion publique de dire si de tels résultats peuvent être défendus; si, moralement, humainement et politiquement, ils sont justifiables.


[DOCUMENTS]

Plus de deux années se sont écoulées depuis l'événement heureux qui nous a permis de faire entendre le cri de douleur de la déportation, de raconter ses souffrances, de révéler les traitements auxquels sont soumis plus de quatre mille défenseurs de la Commune de 1871.

Beaucoup croyaient que cette épouvantable situation ne pouvait se prolonger; beaucoup espéraient que l'Assemblée républicaine de 1876 rendrait à ces quatre mille martyrs la justice qui leur est due, et mettrait un terme aux maux qu'ils subissent depuis cinq années.

Il n'en a rien été.

Nous complétons les pages qui précèdent, par la publication des dernières lettres venues de la Nouvelle-Calédonie; elles nous montrent que, loin de s'améliorer, la situation de nos malheureux camarades est devenue effroyable.

Le dernier gouverneur, le protestant converti au catholicisme, de Pritzbuër, a réussi à faire regretter l'assassin de Cayenne, Gauthier de la Richerie.