M. Laffitte céda, baissant les cils pour dissimuler la contrariété de ses regards sincères:
—Le général La Fayette accepte le commandement de la garde nationale qui lui est déféré par...
—Par la Chambre.
—Non! non! ce n'est pas comme Chambre que nous agissons!... interrompit vivement le long M. Villemain, que troubla l'appréhension d'une responsabilité encore possible devant les tribunaux du roi: il ne se souciait pas de porter sur les épaules une tête convaincue de complot, au cas d'un revirement... Nous agissons simplement comme une réunion de députés.
Tous applaudirent à cette prudence. On se carra plus à l'aise dans les gilets de toile.
—Nous ne sommes ici que des citoyens qui s'assemblent pour sauvegarder l'ordre et la propriété dans des conjonctures extraordinaires..., définit M. Villemain.
A ce moment, Omer voulut se retirer, ayant compris que sa présence semblait à certains membres superflue. M. Laffitte, dont il alla prendre congé, le retint un peu. Le bruit courait que l'Hôtel de Ville était en la possession du général Dubourg, Omer confirma les probabilités de cette information. M. Laffitte pria l'estafette d'annoncer au comte la venue d'une Commission municipale et du général La Fayette. Celui-ci sortait, d'ailleurs, avec le général Gérard, M. Audry de Puyraveau et un colonel de ses familiers. Omer les suivit.
Ils allaient descendre l'escalier en répondant aux innombrables questions de ceux que les laquais repoussaient mal, lorsqu'à leurs oreilles il tonna formidablement. Puis, la fusillade s'égrena. Les échos de l'hôtel répercutaient le fracas de l'explosion; le sol trembla sous les pieds.
Nous sommes trahis!... s'écrièrent des êtres éperdus qui jouaient des coudes afin de gagner les issues du jardin.
—Les soldats de Polignac sont là!