La République projette, au bout de sa force, les dragons, griffe léonine sur la proie des campagnes où rêvent les blancs villages, où frissonnent les champs de mai, où brillent les fleurettes. La griffe s'allonge: Gloire!
Voix de la Nation qui tonnez dans le ciel allemand: Gloire!
Étire plus loin ta griffe, République, plus loin, jusque les eaux du fleuve qui abreuve les villes impériales… Gloire! Gloire!
«Au galop!» Gloire!
Abaissez-vous, collines. La Nation passe: Gloire!
Et nous aurons l'or d'Autriche, l'or à l'aigle double, que pèsera dans son trébuchet l'ancêtre aveugle! Gloire! Gloire!
«Gloire!» scandent les sabots des chevaux, les chocs métalliques des bidons et des éperons. «Gloire!» chante à tue-tête l'âme de Bernard Héricourt. «Gloire!…»
Or, l'ombre s'étant alourdie sur les campagnes, ils entrèrent au soir, dans le bruit du fleuve. Les chevaux trempèrent leurs crinières. On remplit les casques. Gloire!
Lui put boire au fleuve.
Délice de se rafraîchir avec l'eau de la terre conquise… Boire la gloire!