—Philippe, pourquoi cette amertume dans votre voix?
—Pour rien, commandant... pour rien.... Nous arrivons à la contrée des Hauts-Fourneaux, et des corons pleins de peuple, et des donjons flamboyants.
—Regardez; cela forme un grand cercle étendu selon un périmètre fixe.
—Sous les canons de la cité octogone dont voici, à ras de terre, les remparts.
—Il faut de la prudence, Philippe, avec ce peuple de pauvres; car il lui arrive de s'exaspérer.
—Descendons-nous? Nous nous promènerons devant les petites maisons si closes, où habitent les familles des magistrats, des percepteurs, des fonctionnaires... que sais-je?...
—Réveillez-vous, colonel.... Quarante minutes d'arrêt pour la douane.... Nous allons nous dégourdir les jambes....
—Hé quoi! fit le colonel.... Sommes-nous à la frontière?
—Peu s'en faut... vous le savez bien: voici la dernière station avant le Fort.
—Diable.... Tenez: à gauche, la maison en briques rouges... où l'on aperçoit des primevères dans le petit parterre, hein?... C'est la demeure du bourreau....