—Pourquoi donc parler ainsi?

—Rirez-vous cependant de cette mère si occupée.... A la fois, elle allaite du sein, mouche d'une main, gifle de l'autre, gronde de la bouche, berce du pied et rit de l'oeil au facteur qui passe.... Ces fillettes qui pleurnichent en épluchant des légumes, en tirant l'eau du puits; rirez-vous de leur laideur!... Et les adolescentes qui se nouent des rubans sales dans leurs maigres cheveux....

—Philippe, pourquoi lorgnez-vous le monde avec un verre noir?

—On ne voit pas de vieillards, mon commandant, dans cette cité de pauvres....

—Non... c'est vrai... on n'en voit pas....

—Mais il y a partout de petits cimetières carrés.... Un, deux, trois....

—On ne voit pas non plus les adultes.... Philippe.

—Ils demeurent apparemment tous dans la flamme féerique qui ronfle parmi les cris du métal, sous les dômes des usines....

—Les estaminets aussi paraissent pleins de feux de pipes....

—La douleur s'endort dans l'abrutissement....