— Qu’elle reste, dit Lenthéric ; cela m’amusera, une semaine ou deux, de faire mon manger moi-même comme quand j’étais garçon.

Et il repartit gaiement. Pauvre Lenthéric !


Le soir même, au soleil tombant, Vivette alla s’asseoir dans l’allée de peupliers, à l’endroit où le chemin tourne ; et là, se souvenant de la rencontre d’il y a deux ans, quand Perdigal et Lenthéric avaient amené les pierres, il lui sembla revivre sa vie et la revivre avec Perdigal.

— C’est tout comme alors ! disait-elle.

En effet, tout comme alors, un bruit de grelots retentit sous les arbres, et une charrette parut balançant dans la nuit qui commençait sa grosse lanterne en toile blanche.

— Perdigal !

— Vivette !

Pendant ce temps, songeant à Vivette, le brave Lenthéric cheminait sur la route de Saint-Domnin.

Telle est, comme les gens la racontent, l’histoire de la faute de Vivette avec Perdigal.