C’est assez pour sauver l’honneur et nous ménager une rentrée. La nuit arrive et la ville est loin, il s’agit de plier les lignes. Non sans regret ! car l’heure est bonne et les arestons mis en appétit, rôdent au plus près et gobent les insectes à grand bruit sur la surface des eaux assombries.

DE VAUCLUSE AUX BAUX

I

L’homme de Cadenet. — Sorgues et sorguettes. — Le château du marquis de Sade. — Vaucluse. La fontaine. — En terre papale.

A l’Isle, il fallut descendre. Un éboulement avait eu lieu sur la voie, du côté d’Avignon. Le chef de gare, effaré sous sa casquette d’argent, courait, expédiait des hommes, et le télégraphe allait, allait, avec son bruit agaçant de machine à coudre.

— Vos chemins de fer ?… soupira quelqu’un à côté de nous.

Ce quelqu’un était un être ambigu : l’air doux avec de fortes moustaches, et vêtu de drap fin dans ses habits paysans, comme s’il les eût tirés d’une vieille soutane.

— Vos chemins de fer ? Le diable les enlève !

Et me choisissant, à la provençale, sans que je l’en eusse prié, pour le confident de ses peines :

— Ce qui m’arrive, Monsieur, n’a pas de nom. Figurez-vous que j’avais cru pouvoir venir ici et m’en retourner à Cadenet pour cinq heures. Pas du tout !… Et il y a un mort à Cadenet.