Ce à quoi il excelle, c’est à racommoder les amoureux, et surtout à donner un gros poupon aux bonnes femmes qui en souhaitent.
Sur ce dernier point, il est infaillible ; et fussiez-vous, madame, aussi stérile que Sarah, il suffirait, pour vous transformer en mère Gigogne, d’un pèlerinage à saint Pouderous, le jour de sa fête, avec l’accompagnement obligé des pèlerinages d’été, courses dans la montagne, visite à l’ermitage, dîners sur l’herbe, et nuit passée à camper, tous ensemble, à la belle étoile.
Quelquefois, par exemple, le bon saint Pouderous va trop loin.
Ainsi, l’année passée, deux sœurs du village voisin montèrent ensemble à la chapelle. L’aînée, qui était mariée, voulait demander un garçon, la cadette ne demandait rien, ayant ses dix-sept ans à peine.
Saint Pouderous entendit mal, sans doute, car c’est la cadette, pécaïré ! qui, un peu moins de dix mois après, mettait au monde un bel enfant, brun et frisé comme sa mère.
La chose, d’ailleurs, n’a pas trop nui au pèlerinage.
Les mécréants de l’endroit, cette engeance pullule partout ! ont bien ri quelque peu d’abord. Puis ils se sont fatigués de rire. Et maintenant saint Pouderous et son ermite sont plus en vogue que jamais.
Je plaisantais un jour, avec ce dernier, de l’aventure :