— Que voulez-vous, me répondit-il, saint Pouderous a fait erreur, erreur n’est pas compte !
III
Les saints se font lourds.
Pamparigoust est un petit village tapi sur le versant nord de Lure, dans une prairie, entre deux torrents pleins d’eau claire, à l’ombre d’une douzaine de vieux noyers.
Eh ! bien, à Pamparigoust la religion s’en va ! Quand je l’affirme, vous pouvez m’en croire : l’ermite lui-même, l’ermite de Saint-Barbejou me l’a dit.
C’était l’an passé, vers cette même saison. Je faisais mon ouverture de chasse, et j’avais choisi pour cela le terroir de Pamparigoust, non pas qu’il soit plus giboyeux qu’un autre, mais parce que, à défaut du gibier que je ne tuerais point, j’étais certain de trouver, sur le midi, au village, dans une salle d’auberge voûtée et fraîche, un arrière-train de chevreau rôti, peut-être une truite, et, dans tous les cas, arrosé du petit vin du crû, quelqu’un de ces merveilleux fromages, mûris dans la neige, tout l’hiver, sous une quadruple enveloppe de poivre d’âne et d’épis de lavande.
En arrivant dans la Grand’rue, je vis un rassemblement devant la porte du charron.
Tout le pays était là : hommes, enfants et femmes !
Le vieux Cogolin, armé de sa grande tarière à moyeux, taraudait une pièce de bois, au milieu des rires ; et comme l’ouvrage n’avançait guère, il ne se gênait pas de jurer.