Voir tarauder un tel saint m’intrigua.
— Bonjour, l’ermite !
— Vous voilà, mécréant.
— Qu’arrive-t-il à votre saint ?
— Ce qu’il lui arrive… Regardez : il lui arrive que je le vide !
Et montrant le poing aux assistants mis en joie :
— Tas de damnés, paroissiens du diable, c’est votre impiété qui m’en a réduit là !
Il se retourna vers moi, plus calme :
— Vous savez ou vous ne savez pas que c’est demain la fête… Autrefois les gens se disputaient l’honneur de monter le Saint, pieds nus, sur leurs épaules. On payait pour ça ; c’était le bon temps. Je me rappelle, moi, qui vous parle, étant tout petit, sous mon prédécesseur, avoir vu mettre la chose aux enchères… Les mauvaises idées vinrent ; on portait encore le saint pieds nus, mais sans payer… Puis on se chaussa, et je dus me tenir content… L’année passée ne m’a-t-il pas fallu aller chercher par force mes pénitents à l’auberge ?