— Eh ! donc, fillette, essuyons ces yeux ! Ce serait péché que de les fondre.

— Hélas ! ma bonne vieille, quoique cela ne serve pas à grand’chose, je vais vous conter mon chagrin.

L’an dernier, s’il vous en souvient, j’avais suspendu le gui à notre porte, pour qu’en passant dessous avec mon amoureux, son amour se doublât et le décidât au mariage.

Tout, d’abord, sembla réussir. A peine le pied sur le seuil, il aperçoit le gui et m’embrasse ; puis, la messe de minuit entendue, avant que l’on se mette à table, il prend mon père dans un coin et fait demande de ma main…

— Attendons la fin, Guillaumette !

— Les bans allaient être publiés. On avait déjà retenu les ménétriers, pour la noce. Mais c’était là trop de bonheur ! Une nuit, la rivière déborda, noyant les labours, les prairies, ruinant aux trois quarts notre ferme, et nous laissant désespérés.

— Alors ?…

— Alors, répondit Guillaumette qui mouillait son tablier de larmes, alors, me voyant pauvre, mon fiancé est parti ; et, bien qu’on l’ait cherché partout, nous n’en avons plus eu de nouvelles.

— Je vous avais prévenue, Guillaumette : faut pas se fier au gui jeunet !… Et puis les hommes c’est si traître !… De sorte que vous l’aimez toujours ?

— Non, certes !