Barnabé devait avoir son idée ; quelle était l’idée de Barnabé ?
D’abord, paternel, il caressa l’âne ; il caressa la chèvre occupée dans un coin à ronger l’écorce et les feuilles d’un amandier mis en fagots ; puis, ayant tiré un verrou, il pénétra, courbé en deux, dans le petit réduit qui se creusait sous l’escalier.
Barnabé rendant visite à son cochon : l’aventure devenait drôle !
On entendit des grognements, et bientôt nous vîmes reparaître Barnabé traînant son gros pensionnaire par l’oreille.
Barnabé s’assit sur un tas de paille, près de la fenêtre.
— « La femme a raison, tu vaux mieux que moi !… »
Tout en essayant de presser sur son cœur l’animal qui, désespérément, résistait, Barnabé lui disait des paroles douces :
— « N’aie pas peur, ô unique ami ! Pose ta figure sur mon groin, mets tes menottes dans mes pattes !… Quoi ! tu me grondes, ah c’est mal ! »
Comme frappé dans ses plus chères affections, Barnabé s’affligeait sérieusement et ses yeux se remplissaient de larmes.
Enfin le cochon s’échappa.