Et la pauvre fleur délaissée,
Se penche et va mourir, bercée
Par la chanson du rossignol...
et ensuite, de Claude Larcher, un sonnet inédit aussi et que je lui avais copié. Cher Claude! Eût-il jamais soupçonné que ce soupir exhalé de son âme malade servirait un jour à traduire un désespoir causé par un des confrères qui l'ont décidément fait oublier? Et que Camille était belle, tandis qu'elle récitait cette élégie où tenaient pour moi tant d'émouvants souvenirs de la douleur de mon ami mort,—cette douleur mystérieuse dont j'aurai été le seul et vrai confident:
Que de vers je t'ai faits, que tu n'as jamais lus!
Que de fleurs j'ai pour toi tendrement moissonnées,
Fraîches fleurs qui se sont entre mes doigts fanées
Sans que je t'aie offert ces beaux bouquets perdus!
Que d'intimes chagrins tu ne vis pas non plus!
Pensant à toi, combien j'ai pleuré de journées!