Et jusques au matin les damnés Jeunes-Frances
Nagèrent dans un flot d'indicibles démences.
Dans cette débauche, qui est surtout une débauche de paroles, l'affectation saute aux yeux. C'est entre tous ces jeunes gens une rivalité puérile, une lutte ridicule d'excès et de folies froidement calculées. Le poète est plus touchant quand il nous entretient de ses amours, où la volupté se tourne aisément en souffrance et en désespoir, ou quand il nous dépeint la tristesse et médite sur le suicide.
Dans ses poésies posthumes, publiées par M. Havet, celles qui sont datées de 1834 à 1846 doivent aussi attirer notre attention. Il y a bien exprimé cette manie de son temps, qui était aussi la sienne, et qui consiste à s'analyser sans cesse, à s'occuper constamment de sa personnalité et à en entretenir le public. C'est le sujet de la pièce intitulée: Une fièvre de l'époque.
Il est depuis longtemps avéré que nous sommes
Dans le siècle environ six mille jeunes hommes...
Qui du fatal Byron copiant les allures
De solennels manteaux drapons nos encolures.
A l'excès pour ma part j'ai ce tempérament,
Je prends mon moi pour thème avec emportement.