Ces larmes, les oublierai-je?
Est-ce que ce sera pour rien? Ah, il ne faut pas m'aimer! Jures-tu qu'il y a un endroit quelque part pour que ces deux choses y subsistent,
Ce besoin que j'ai de l'amour et cette certitude qu'il n'y a rien en moi pour le mériter?
ORIAN.—C'est vrai qu'il ne faut pas vous aimer?
PENSÉE.—Non, cher époux, non il ne faut pas m'aimer! Quel chemin y a-t-il de vous à moi?
Je vous aime trop. Je vous ai tellement attendu.
Pour me faire croire que vous m'aimez, Orian, c'est difficile. Qui ne voit pas, il lui faut autre chose que ces paroles à tous.
Quelque chose qui soit à lui, quelque chose qui lui soit personnellement adressé. Une preuve qu'il n'y ait pas moyen de récuser. Et puisqu'il ne voit pas,
Ce que ses mains peuvent tenir.
ORIAN.—Et si je meurs pour vous, Pensée, est-ce que ce sera suffisant?