PENSÉE.—Orian, qui êtes là, est-ce vrai? Ah, je crois qu'il n'y a rien en moi qui ne soit capable d'aller jusqu'à vous!

ORSO.—Il vit en vous, et c'est pour ce qui de lui vit au fond de vos entrailles que vous devez vivre vous-même.

PENSÉE.—Il vit, et je me meurs!

SICHEL qui l'enlace, l'a ramenée à son siège.

ORSO.—Maintenant, c'est assez de faiblesse. Il est temps que vous entendiez ce que je suis chargé de vous dire.

Voici ce qu'Orian m'a chargé de vous dire, prévoyant sa mort,

Cette dernière nuit que nous avons passée ensemble.

PENSÉE.—Parlez, je vous écoute.

ORSO.—.... Et sachant ce que votre mère m'avait écrit,

Ce fruit de lui que vous portez en vous, hors de la loi.