Je me flatte que vous n’en doutez point et que je n’ai pas besoin de vous répéter ma profession de foi à cet égard, dont vous devez être depuis longtemps convaincue de la vérité.
Mᵐᵉ la vicomtesse Du Barry est certainement fort à plaindre dans ce moment, mais je connais trop bien votre tendresse pour elle, pour ne pas être persuadé que vous vous empresserez à adoucir son malheur et qu’elle trouvera auprès de vous les secours et les consolations qui lui sont nécessaires. Une amie telle que vous dédommage de tout; je désire que le triste spectacle qu’elle vous donnera et les soins que vous lui donnerez n’altèrent pas votre santé et qu’elle soit toujours aussi bonne et aussi brillante qu’on m’assure qu’elle l’est actuellement.
Conservez-moi toujours vos bontés, Madame la comtesse, et ne doutez jamais de ma reconnaissance, de mon attachement et de mon respect.
Le duc d’Aiguillon.
Mᵐᵉ d’Aiguillon me charge de vous témoigner toute sa sensibilité.
Aiguillon, ce 16 décembre 1778.»
L’année se termina sur une série de représentations dont Mᵐᵉ d’Aiguillon salue les interprètes d’une critique assez dure et d’un mot quelque peu osé qui, depuis, a conquis son droit de cité dans les coulisses de nos salles de spectacle.
«Notre théâtre s’est ouvert hier par l’Épreuve (villageoise) et la Famille extravagante; nos actrices qui sont Mᵐᵉ de Galibert et MMˡˡᵉˢ de Signac, de Fontette, Turpin et Notest (?) ont joué assez mal, surtout la première qui a joué comme un cochon. Vous le croirez aisément...»
Puis la duchesse donnait au chevalier sa liste de commissions: