Portrait d’Hortense Mancini (école de Mignard);

Portrait de Mᵐᵉ Du Barry, de Drouais «retouché pour M. d’Aiguillon».

Ne serait-ce pas cette «copie du portrait de Mᵐᵉ Du Barry en Flore retouché d’après nature pour M. le duc d’Aiguillon, au prix de 600 livres» tel que l’indiquent les Goncourt dans leur livre La Du Barry, p. 368? Ce portrait est à la préfecture.

De même ceux de la comtesse de Provence, par Drouais; de Mᵐᵉ de Pompadour, par Nattier; de Mᵐᵉ de Mazarin-Mailly, attribué à Nattier; de Louise de Crussol (école de Mignard); de Cinq-Mars, qu’on suppose provenir des d’Effiat, propriétaires de Veretz avant les d’Aiguillon.

Douze tableaux, consignés par l’inventaire du 25 nivôse an III, ont disparu, et parmi eux le Passage de la mer Rouge, attribué par les experts au Poussin, qui avait travaillé pour Mᵐᵉ de Combalet, duchesse d’Aiguillon et nièce du cardinal de Richelieu.

Nous avons simplement analysé le catalogue, annoté, de M. Tholin, sans nous prononcer pour ou contre des attributions, qui ont d’ailleurs varié, suivant les dates d’expertise.

Le Museum d’Agen, qui devait être constitué avec le fonds d’Aiguillon, dans l’Ecole centrale de Lot-et-Garonne, fondée le 21 novembre 1799, ne semble pas avoir jamais existé. En tout cas, un inventaire du mobilier de la préfecture en 1812, aussi incomplet qu’il est sommaire, porte que les tableaux ont été «trouvés à l’administration centrale. Ils viennent du château d’Aiguillon» et l’inventaire note «portraits de famille pour mémoire». Ils ne sont catalogués que très imparfaitement.

En réalité, tableaux et meubles ont... émigré dans les salons de la préfecture.

L’opuscule de M. Tholin offre le plus grand intérêt, non seulement au point de vue qui nous occupe, mais encore à un point de vue général. Il ouvre de curieux horizons sur la vie économique dans les châteaux de l’ancien régime, quelques années avant la Révolution. Déjà les lettres de M. et Mᵐᵉ d’Aiguillon nous l’ont fait entrevoir. Ici, nous avons des documents précis, des comptes et des chiffres. Voici, par exemple, l’état du sommelier en 1782:

Dans cette année, 577 bouteilles de 60 crus différents parurent «à la grande table». L’office, y compris le personnel du théâtre, qui fut servi à part, consomma 888 bouteilles pour les hommes, 360 pour les femmes, 101 pour les musiciens, 135 pour les garçons, soit un total de 1484 bouteilles.