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Par un de ces contrastes qui n’attestent que trop la vanité des choses humaines, il ne reste rien ou presque rien de l’œuvre lapidaire créée par le grand ministre à qui la France doit l’achèvement de son indestructible unité.

N’était le Palais-Royal—et encore combien semblerait-il méconnaissable à Richelieu si cette ombre illustre revenait jamais errer dans son ancien jardin!—tous les

Cliché Lauzun.

Le Château de Veretz en 1771, d’après Van Blarenberghe.

(Le Château de Veretz par Philippe Lauzun)

bâtiments, constructions et travaux entrepris par le ministre de Louis XIII n’existent plus, à l’heure présente, qu’à l’état de vestiges. Richelieu, ce château grandiose, édifié si amoureusement en quelque sorte par le cardinal dans le bourg qui rappelle son nom, n’est plus qu’une ruine. A Ruel, on a peine à trouver les traces du superbe manoir, dont Richelieu avait fait sa maison de campagne. Brouage, qui, dans la pensée du premier ministre, devait anéantir la fortune commerciale et politique de La Rochelle, n’est plus aujourd’hui, dans l’enceinte de ses fortifications délaissées, qu’un misérable village de pêcheurs, et son port un marais fangeux.

La même fatalité s’est acharnée après les domaines des petits-neveux du cardinal, qu’ils fussent Richelieu ou d’Aiguillon.