[300] Le roi lui relisait en pleurant les lettres de la duchesse (Faur, Vie privée, t. II, pp. 34-37).
En présidant aux fêtes du mariage du Dauphin, Richelieu se trouvait dans son véritable élément. Il ordonnait avec autorité, solennité et conviction; mais il était toujours aussi formaliste, aussi vétilleux, aussi agaçant, principalement sur la question protocolaire; et le Journal de Luynes dit assez combien Richelieu eut de mal à régler des conflits, où tant d’amours-propres, non moins chatouilleux que le sien, trouvaient si souvent l’occasion de se heurter et de se combattre[301].
[301] Journal du Duc de Luynes, t. VI, pp. 266-268.
C’étaient les Slodtz qui avaient tracé le plan et les dessins de toute l’ornementation architecturale[302].
[302] Journal du Duc de Croÿ, t. I, p. 52.
Le 23 février 1745, fut jouée la Princesse de Navarre, la médiocre comédie lyrique de Voltaire et de Rameau; le 26, le ballet des Éléments de Roy qu’avait préféré Richelieu[303] et qui fut très applaudi; le 1er mars, l’opéra de Thésée de Quinault et de Lulli. Le «ballet-comique» de Platée, exécuté le 3 avril, eut peu de succès. La musique de Rameau fut jugée «singulière»; et, malgré des «morceaux agréables», le divertissement parut «trop long et trop uniforme[304]».
[303] Journal du duc de Luynes, t. VI, p. 318.—Une épigramme du temps dénommait la Princesse de Navarre «une farce foraine»: c’était d’ailleurs l’avis de Voltaire.
Le bal de la Cour amena un échange de mots aigres-doux entre Richelieu et le duc d’Ayen: c’était évidemment une des conséquences de la rivalité qui divisait ces deux seigneurs. «Il s’agissait de savoir qui devait placer, ou du capitaine des gardes, ou du premier gentilhomme de la Chambre.»
Le roi s’amusait beaucoup de ces querelles, sans jamais prendre parti[305]. Ce fut toutefois à Richelieu que revint l’insigne honneur de faire distribuer les billets d’invitation, imprimés, adressés aux dames. Luynes a consigné, dans son Journal, le libellé de celui qui fut envoyé à sa femme, et dont voici la teneur:
Madame,