Quelques jours auparavant, contrairement à l’adage De minimis non curat prætor, il avait témoigné de son intérêt même pour les bagatelles de la porte, en remerciant le lieutenant de police, dans la lettre où il signait l’exeat de Champenois, de son exacte surveillance «sur la conduite de l’exempt de la Comédie italienne et sur celle des danseurs de corde!!![328]»
[328] Bibliothèque de l’Arsenal: Archives de la Bastille, 11565.
Grâce à ses fournisseurs, Marville communique fréquemment à Maurepas nombre d’anecdotes démontrant encore avec quelle ardeur Richelieu s’occupe, en fin d’année, des choses de théâtre et «prépare», suivant le mot de Luynes, «les spectacles d’hiver».
Il «maîtrise beaucoup à l’Opéra»; et certains artistes, entr’autres le danseur Malter, ayant traité le directeur de fripon, Richelieu les gronde pour «l’avoir dit trop haut».
Il est en concurrence avec d’Argenson, à propos de la «surintendance des ballets». Le roi, «pour les mettre d’accord», la donne au nouveau contrôleur général.
Mesure que ne regrette pas autrement l’informateur du lieutenant de police; car le fougueux dilettante qu’est Richelieu, tant qu’il a eu la direction de ce service, n’a pas peu contribué au désordre qui règne à l’Opéra; mais Maurepas a fermé les yeux, pour ne pas rompre la trêve tacite consentie par son adversaire[329].
[329] Lettres de Marville, t. II, pp. 174, 199, 207.
CHAPITRE XVIII
Ce que pensait Richelieu de Mme de Pompadour et ce que lui demandait Voltaire. — L’expédition de Dunkerque; nouveaux déboires et nouvelles chansons. — Richelieu ne répond pas aux avances de Mme de Pompadour. — Il est nommé ambassadeur matrimonial auprès du roi de Pologne. — Cette mission inquiète la Cour de Saxe. — Désappointement de Frédéric II. — Le Maréchal de Saxe est le véritable négociateur. — Succès personnel de Richelieu. — Ses attentions délicates pour la future Dauphine. — Le mariage. — La négociation secrète avec Vienne n’aboutit pas. — Une «rêverie» de Maurice de Saxe.