[360] Journal de Luynes, t. IX, p. 245.
[361] Ibid., t. X, pp. 79 et suiv.
D’ailleurs, pendant son séjour à Gênes, il avait conservé, vis-à-vis de la Marquise, son attitude, aimable et gracieuse; et la favorite, croyant peu ou prou à la sincérité de ces démonstrations, avait payé de la même monnaie son correspondant; encore la sienne paraissait-elle de meilleur aloi:
... «Vous connaîtrez avec le temps, disait-elle, ma façon de penser pour vous et peut-être serez-vous persuadé que je mérite des amis. Je ne demande l’amitié des gens que j’aime, que quand ils me connaîtront bien; vous voyez mon équité. Vous voulez, dit-on, aller à Rome: cela retardera votre retour que je verrai arriver avec plaisir...[362]»
[362] De Nolhac: Louis XV et Mme de Pompadour (1904), p. 195.
Elle ne devait pourtant y gagner que beaucoup de désagréments.
Déjà, de Gênes, Richelieu avait signifié, par lettre, à M. de Bury, surintendant de la musique en survivance de Blamont, qu’il défendait aux musiciens de la Chambre «d’aller nulle part, sans ses ordres[363]». Et, depuis son retour à Versailles, il avouait à Luynes «n’avoir aucune idée arrêtée sur des divertissements qu’il regardait comme personnels à Mme de Pompadour», cette dame ignorant sans doute les droits afférents à la charge de premier gentilhomme[364].
[363] [364] Journal de Luynes, t. X, pp. 84-85.
Mais avant de «crosser» définitivement «la petite Pompadour et de la traiter comme une fille de l’Opéra, ayant grande expérience de cette sorte d’espèce de femme et de toute femme[365]», Richelieu se donna le malin plaisir d’en brimer férocement le favori.
D’abord, il «rendit une ordonnance portant défense à tous ouvriers, musiciens, danseurs, d’obéir à d’autres qu’à lui pour le fait des Menus Plaisirs[366]». En même temps il félicitait «Rebel, maître de musique de la Chambre, qui battait la mesure», d’avoir résisté au duc de la Vallière, quand celui-ci s’efforçait à lui démontrer l’inutilité de prendre les ordres de Richelieu, du moment qu’il s’agissait du service du roi[367].