[453] Journal de Luynes, t. XIV, p. 429, février 1756.

[454] Comtesse d’Armaillé: La comtesse d’Egmont, p. 23.

[455] Ibid., p. 39.

Richelieu, dont la sécheresse de cœur nous est connue, ne s’embarrassa pas autrement de la douleur qu’allait laisser dans cette âme de vierge l’abandon de son beau rêve: l’amour chaste et pur était un mythe pour un tel libertin! Ce père égoïste et vaniteux[456] ne vit dans l’alliance princière qu’il imposait à sa fille qu’une illustration nouvelle pour la maison de Richelieu. Et il témoigna, en cette occurrence, de son esprit de gloriole, par une manifestation des plus mesquines, mais qu’approuve énergiquement le duc de Luynes, en admiration perpétuelle devant ce premier gentilhomme, qui faisait, chaque jour, du moindre manquement à l’étiquette, une affaire d’État.

[456] Il ne savait même pas respecter sa fille, s’il faut en croire Dugas de Bois-Saint-Just, dans son livre Paris, Versailles et les provinces. A l’Opéra, un masque s’acharne après la comtesse d’Egmont. Il la pousse à bout et ne craint pas de lui dire qu’elle a une fraise sur la cuisse gauche: «Arrêtez cet homme», ordonne la comtesse indignée au garde de service. Le masque se découvre: c’est le Maréchal.

«M. de Richelieu n’a pas voulu donner part du mariage de sa fille par des billets imprimés que l’on envoie à toutes les portes, mais seulement par des billets à la main envoyés aux parents; c’est, en effet, la règle.

«C’est un véritable abus que d’envoyer des billets imprimés partout; on en reçoit tous les jours sur toutes sortes de mariages et auxquels on n’a aucune raison de prendre part. Lempereur, fameux joaillier, a marié sa fille depuis peu et a envoyé des billets imprimés à toutes les portes[457]

Une mode, qui, par extraordinaire, dure depuis deux siècles!

[457] Journal de Luynes, février 1756, t. XIV, p. 429.

Richelieu partit, en mars, avec son gendre et son fils, le duc de Fronsac, dont le régiment venait d’être supprimé, un beau régiment, hélas! en son «habit blanc à revers jonquilles, avec tricorne orné d’un pompon rose et d’une cocarde à ganse blanche sur le côté gauche[458]».