L’attentat de Damiens précipita la crise.

[481] Mme du Hausset: Mémoires (édition Baudouin, 1824), p. 75.

[482] Mémoires de d’Argenson, t. IX, p. 348, novembre 1756.


CHAPITRE XXV

Une déconvenue de Richelieu. — L’attentat de Damiens: c’est le Maréchal qui fait arrêter l’assassin. — Démarche adroite de Richelieu auprès de Mme de Pompadour. — Son intervention, inutile, mais désirée par le roi, auprès de l’archevêque de Paris. — Réconciliation publique de la Marquise avec Richelieu. — Elle vaut au Maréchal de remplacer, à l’armée de Westphalie, le comte d’Estrées, le vainqueur d’Hastembeck.

L’année 1757 s’était ouverte pour le Maréchal sur une pénible impression. Quoique légèrement estomaqué par une réception répondant mal à son espoir d’une rentrée triomphale, l’adroit et ambitieux courtisan n’avait point abdiqué ses prétentions au poste de premier ministre, prétentions qu’il croyait plus justifiées que jamais, sans toutefois les avouer trop hautement. Aussi, quelle ne dut pas être sa déception, quand il vit ses espérances, sinon anéanties, du moins ajournées par une nomination imprévue! Les Mémoires de Bernis nous tracent, le 2 janvier, un amusant croquis de la scène:

«Le Maréchal de Richelieu qui remplissait cette année la charge de premier gentilhomme de la Chambre, me dit, un quart d’heure avant que le roi lui ordonnât de m’appeler pour me faire asseoir au Conseil:

—«Mais, pourquoi, ayant tant d’affaires à traiter avec le roi et ses ministres, ne demandez-vous pas les entrées de la Chambre? Si vous voulez, je me chargerais d’en faire la proposition au roi. Je lui répondis, en riant, que j’acceptais volontiers ses offices. Il fut fort étonné, un instant après, d’entendre le roi me dire:

—«L’abbé de Bernis, prenez place au Conseil[483]