[533] Soulavie: Mémoires du Maréchal de Richelieu, t. IX, p. 213.
D’un autre côté, en homme qui voulait ménager la puissante protectrice, dont l’influence allait bientôt l’appeler au ministère des affaires étrangères, Stainville entendait excepter Mme de Pompadour de la cabale de Versailles «clabaudant» contre un général trahi par la Fortune:
«Je suis certain, lui écrivait-il, que Mme de Pompadour n’est pas du nombre... Il est vrai qu’elle aurait peut-être désiré dans le temps que M. de Soubise fût renforcé plus tôt... Je suis sûr, croyez-moi, qu’elle ne l’a dit à personne[534]...»
[534] Soulavie: Mémoires de Richelieu, t. IX, pp. 202 et suiv.
A Vienne, peut-être; mais à Versailles, à Choisy, à Paris, ainsi que dans toutes ses villégiatures, la Marquise se répandait, comme nous l’avons vu, en lamentations indignées sur l’abandon dans lequel Richelieu laissait Soubise.
Son antipathie, difficilement contenue, contre le Maréchal s’était donné de nouveau libre carrière, au lendemain des surprises de Closter-Seven. La malignité publique lui attribuait même, à la veille de la capitulation, une estampe satirique représentant le comte d’Estrées, en train de fouetter le duc de Cumberland avec une branche de laurier, dont Richelieu ramassait les feuilles pour s’en tresser une couronne[535].
[535] Campardon: Mme de Pompadour et la Cour de Louis XV, p. 212.—Journal de Barbier (édit. in-8o), t. VI, p. 552.
Il n’est guère vraisemblable que Mme de Pompadour fût l’auteur d’une telle épigramme: car, à cette date, la trêve, consentie entre les deux parties par leur réconciliation, jouait encore; puis la Marquise ne cultivait pas la caricature; elle gravait pour la plus grande gloire de son seigneur et maître. Mais elle regagna le temps perdu dans sa nouvelle campagne contre l’éternel ennemi.
Déjà Pâris-Duverney avait formellement renié le Maréchal après la rupture de la Convention de Closter-Seven. Celui-ci s’était permis de négliger les avis du financier! Dès lors Pâris-Duverney «cessa de le croire utile à l’armée[536]».
[536] Correspondance historique et particulière du Maréchal de Richelieu en 1756, 1757, avec M. Pâris-Duverney (édit. par le Général de Grimoard), 1789, préface p. XXI.