Par contre, le galant se montrait moins rassuré quand il se trouvait en présence du frère. Cependant, peu de jours avant son duel avec Gacé, au cours d’une «débauche» chez le duc de Bourbon, il avait osé chanter le couplet lancé par la duchesse douairière[63] contre feu son mari «Gendre d’une Samaritaine, etc...» Les roués se pâmaient devant ces cyniques impertinences. Mais celle-ci ne fut pas du goût du petit-fils de Condé. Aussi, le lendemain, quand Richelieu revint lui faire sa cour, le duc de Bourbon lui rendit-il «très froidement des honneurs extraordinaires». Et, comme son hôte s’étonnait d’un tel contraste:

—«On traite ainsi, lui dit le prince du sang, ceux qu’on ne veut plus jamais voir[64]

[63] Louise-Françoise de Bourbon, veuve de Louis de Bourbon, était fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan.

[64] Gazette de la Régence (édition de Barthélemy, 1887), p. 72.

Richelieu ne se fit pas répéter deux fois cette invitation à promptement déguerpir. Le juste ressentiment du prince s’aggravait encore de la rancune tenace qu’avait amassée en ce cœur orgueilleux l’indignité de la liaison notoire d’un petit gentilhomme avec Mlle de Charolais.

C’est vraisemblablement à cet incident... désagréable qu’il faut attribuer ce couplet contre Richelieu—car lui aussi était chansonné:

Chanson (1716).
Sur l’air: Marotte fait bien la fière.

Richelieu fait bien le fier

Pour les deux pages qu’il a;

Il s’imagine