[85] Mémoires du Marquis d’Argenson, t. I, p. 23.
L’opération policière avait été si vivement menée, qu’il était incarcéré à la Bastille à dix heures du matin[86], pendant que son ami, le marquis de Saillant, colonel de l’autre régiment de Bayonne, qu’il entraînait dans sa disgrâce, était, à son tour, arrêté et conduit pareillement à la Bastille.
[86] Buvat: Journal de la Régence (édition Campardon), loco citato.
Richelieu fut, tout d’abord, «resserré dans un endroit où l’on met ceux dont l’affaire est mauvaise», écrit un contemporain[87]: «la Calotte», un cachot octogone, ne recevant le jour que par une étroite ouverture, sentant le moisi, avec une chandelle fichée dans le mur, sans table, ni chaises, une méchante paillasse pour lit, sous prétexte que la forteresse regorgeait déjà de prisonniers; c’est du moins Soulavie qui l’affirme de l’aveu du principal intéressé.
[87] De Barthélemy: Gazette de la Régence, p. 325.
Villars, qui avait pris à cœur (cherchez la femme!) le sort de son ancien aide de camp, note, en termes moins mélodramatiques, que Richelieu avait été enfermé «dans une espèce de cachot[88]».
[88] Mal de Villars: Mémoires, t. III, p. 133.—Dangeau dit: «Dans une petite chambre qui est au-dessus des cachots et qui n’a de jour que par en haut (XVIII, 24).»
Mais le détenu, à qui sa vanité coutumière avait rendu une certaine assurance, affectait de se détacher de toutes ces contingences. N’avait-il pas demandé, le premier jour, qu’on «lui envoyât les violons[89]»?
[89] De Barthélemy: Gazette de la Régence, p. 327.
Au reste, avisé, le 10 mars, par un billet de Mlle de Valois, de la mauvaise tournure que prenait pour lui l’information judiciaire, il avait brûlé, à son hôtel de la Place Royale, toutes les pièces qui pouvaient trahir son entente avec l’Espagne[90].