Le poète Piron (et nous concédons volontiers que son humeur satirique aura bien pu pousser au noir le tableau) Piron écrit au comte de Livry:

«On dit qu’il (le duc) y exige tous les honneurs dont se fût avisée l’ambition du Cardinal de son nom. Canon, visites, harangues, Te Deum, il ne vit plus que de cela.

«Un vieux chanoine, à la tête d’un chapitre condamné à venir le haranguer, lui a demandé comment se portait le roi.

«Le duc, surpris de cette question familière, est resté muet et interdit.

«Le prêtre recommença: Monsieur le duc, je vous demande comment se porte le roi.

—«Fort bien, a dit brusquement Monsieur de Richelieu.»

«Le chanoine se retournant alors vers le chapitre:

—«Vous entendez, Messieurs, les nouvelles que Monsieur nous donne de la santé du roi. Allons en rendre grâce à Dieu par un Te Deum, où M. le Gouverneur nous fera sans doute la grâce d’assister.»

«Ainsi fit-il, quoiqu’il eût demandé ce Te Deum pour lui-même[193]

[193] Œuvres inédites de Piron (édition H. Bonhomme), 1859, p. 248.