[201] Bibliothèque de la Ville de Paris, mss. 26700, année 1737.
[202] Bibliothèque de l’Arsenal: Archives de la Bastille, mss. 10016. Lettre autographe (inédite) du duc de Richelieu au lieutenant de police (9 juillet au soir). Ce libelle ne serait-il pas le même que cette Histoire des rats, dont parle une nouvelle à la main du 14 août 1737 (mss. 26700)? Cette histoire, dit-elle, «se vend assez librement, quoique sans approbation, ni privilège: il y a plusieurs portraits très applicables à des personnes en place; on a remarqué qu’il y a une espèce d’estampe dans le livre qui attrape fort la ressemblance de M. le duc de Richelieu.» Un exemplaire de l’Histoire des Rats, illustré de l’estampe en question, appartient à la Section des Imprimés de la Bibliothèque Nationale.
Nous ne voyons pas quelle suite fut donnée à la plainte de Richelieu; mais nous constatons que son procès en revendication contre les propriétaires du Palais Royal se plaidait encore en 1755; et c’est par une note, très explicite, du Journal de Luynes que nous en apprenons la fin.
«Il y a huit jours que M. de Richelieu a perdu son procès tout d’une voix. Il n’y a eu qu’un ou deux conseillers qui ont ouvert un autre avis et qui, sur-le-champ, se sont réunis à la pluralité.
«M. le Maréchal de Richelieu prétendait que les terrains sur lesquels on a bâti plusieurs maisons (au Palais Royal) faisaient partie des biens substitués par M. le cardinal de Richelieu, vendus postérieurement à la substitution. Les acquéreurs ou propriétaires prouvaient que les prix des ventes des terrains ou maisons avaient été employés à payer des dettes antérieures à la substitution. M. de Richelieu prétendait au contraire que les effets mobiliers étaient plus que suffisants pour payer les dettes. Les propriétaires persistaient dans leur calcul. Si M. le Maréchal de Richelieu avait gagné, cela aurait causé la ruine de plusieurs bons bourgeois; et l’on prétend que cela lui aurait fait un avantage de cinq millions.
«On compte que les frais que M. de Richelieu est condamné à payer iront à 150.000 livres; mais M. de Richelieu se flatte de retirer cette somme des poursuites qu’il est autorisé à faire contre les particuliers qui ne se sont pas mis en règle pour justifier de l’emploi de leur argent[203].»
[203] Duc de Luynes: Journal, t. XIV, 1er septembre 1755.
CHAPITRE XIII
La galanterie sert la politique de Richelieu. — L’amitié qui la favorise. — Mme du Châtelet lui assure le concours de Voltaire. — Une autre amie, Mme de Tencin, donne à Richelieu la clef des intrigues ministérielles. — Rupture de Louis XV et de la Reine exploitée par les partis. — Richelieu ne fut pas, à l’origine, le «corrupteur» du roi. — Sa perversité fut devancée par celle de Bachelier, un des premiers valets de chambre.