Et plus la flottille avançait, plus le terrain devenait bourbeux. Avec cela, la chaleur était suffocante, à peine pouvait-on exiger des hommes deux heures de travail consécutif.

Le lieutenant de vaisseau Morin, en particulier, était très éprouvé par la fièvre bilieuse hématurique.

Grelottant, claquant des dents, il dirigeait quand même les opérations, mais il était sombre.

Un mois de travail acharné, de luttes contre la nature rebelle, contre le climat torride, un mois entier passé à se nourrir de légumes secs et de conserves, et cette poignée de vaillants n'avait encore pu parcourir que cent cinquante kilomètres, cinq kilomètres par jour en moyenne!

La lenteur de la marche, les difficultés à vaincre n'avaient point abattu leur énergie, n'avaient point abattu leur gaîté.

Mais devant le terrible mal qui touchait le lieutenant de vaisseau Morin, une crainte vague les saisit. Allaient-ils être décimés par le fléau des bois, par la fièvre pernicieuse?

Le vaillant marin comprit ce qui se passait dans l'esprit de ses compagnons.

Avec un courage stoïque, il dompta la maladie et, se bourrant de quinine, il parvint à rester à son poste.

Le M'Bomou semblait d'ailleurs se dégager d'obstacles.

La route se montrait plus libre. La flottille pouvait naviguer et, tout en gagnant du terrain, les hommes se reposaient.