Sur l'eau, bienfait inappréciable, les moustiques étaient moins incommodes.
On dépassa le village de Uanâo, dont les cases apparurent un instant sur la rive droite du fleuve, au milieu d'une clairière. En ce point, on dût échanger quelques coups de fusil avec les habitants hostiles.
A deux kilomètres en amont du point où venait de se produire l'escarmouche, le fleuve faisait un coude brusque, et, le tournant franchi, la flottille était arrêtée par un barrage monstre.
L'eau bouillonnait tumultueusement et le courant était si violent qu'il fallut stopper à huit cents mètres en contre-bas de l'obstacle.
Pour comble de malheur, la rive gauche était totalement inabordable.
De larges flaques d'eau y rendaient impossible le transport des chalands et des charges.
Il fallait donc opter pour la rive droite: on fit une reconnaissance de ce côté. En amont de la chute, le sol n'était point mauvais.
Mais, presque à hauteur du barrage, un cours d'eau ou plutôt un bras formé par les remous du fleuve, s'étendait en travers du passage sur deux cents mètres de large environ.
Impossible de le traverser avec les embarcations.
Sur presque toute sa largeur ce canal avait une profondeur insignifiante; un chenal avec sept à huit mètres d'eau serpentait en son milieu.