Il fit hisser les pirogues à sec.
Sur le haut de l'îlot de sable on aligna les tentes.
Et de même, que les jours précédents, on dînait de légumes secs, avec un peu de lard conservé. L'eau potable manquait, situation douloureuse sur un fleuve. L'eau de la rivière, en effet, était tellement chargée de matières organiques que son absorption eût déterminé un véritable empoisonnement.
La situation était critique.
Le front soucieux, Baratier réfléchissait.
Il avait beau chercher. A son esprit ne s'offrait aucun autre moyen que d'abandonner les pirogues et de gagner la rive du fleuve.
Jamais dans sa vie, pourtant mouvementée, il n'avait traversé pareille épreuve.
Avoir parcouru une distance considérable, être presque convaincu d'atteindre le but fixé, et se voir obligé de tout abandonner, de retourner piteusement en arrière au milieu des tribus sauvages et hostiles!
Cependant il ne se laissa pas aller au découragement.
De concert avec le sergent Bernard, il organisa la camp.